Frissons des retrouvailles

Il était là, juste devant elle. Un frisson lui parcourut le corps. Toujours aussi beau. Il n’avait pas pris une ride. Le choc, la surprise puis l’étonnement. Que faisait-il dans le supermarché du coin, à deux pas de chez elle ?
Lui n’avait pas l’air embarrassé. Discernait-elle même un sourire ? Une lueur de satisfaction ? Comme s’il avait attendu ce moment depuis longtemps et qu’il savait qu’un jour ou l’autre une nouvelle rencontre serait inévitable. Peut-être calculée même.
Un flot d’images et d’émotions la submergèrent. Ce parfum. Toujours le même. Ce parfum qui se fondait si bien dans sa peau. Ces notes de vanille et de cèdre qui l’avaient qui l’avaient fait si souvent chavirer.
Cette odeur qu’elle avait aimé retrouver entre les draps, chaque matin, après qu’il eut quitté son appartement. Comme une empreinte qu’il laissait derrière lui. A chaque passage.
C’est étonnant comme les souvenirs, les détails s’impriment dans nos mémoires, sous la peau, enfouis aux creux de nos sens. Prêts à resurgir, sans crier gare, comme ce samedi matin.
Un matin qui s’annonçait comme les autres et qui depuis ces deux dernières minutes faisait valser en un instant une vie bien établie.
Il y a des personnes qui ont le don de faire jaillir une lumière, un désir, tel un interrupteur. Une lumière crue et ardente, pas de tamisé. Tout ou rien. En une seconde à peine.
Le sol sembla se dérober. Cette contenance qu’elle avait essayé de garder. Toujours et encore. A chaque fois. Cette contenance, les bastions, les barrières soigneusement érigées autour de son cœur, de son corps, se désagrégeaient, là, entre deux rayons.
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